Ce qu’il faut retenir
Le renouvellement d’un an du mandat de la MONUSCO, malgré le processus de retrait amorcé au Sud-Kivu, rappelle la persistance des urgences sécuritaires dans la région des Grands Lacs (Le Potentiel, Actualite.cd).
- Ce qu’il faut retenir
- Sécurité à l’est de la RDC : l’autre actualité
- Le royaume chérifien joue la carte du soft power
- Des infrastructures calibrées pour la vitrine continentale
- Sécurité high-tech et débats sociétaux
- La CAN, répétition générale avant le Mondial 2030
- Scénarios d’influence continentale
- Entre sport et géopolitique, un jeu à plusieurs niveaux
Simultanément, le Maroc transforme la CAN 2025 en plateforme de rayonnement international, mobilisant des investissements proches de deux milliards d’euros dans les infrastructures sportives, hôtelières et logistiques (Le Monde Afrique).
Ces deux dynamiques illustrent un continent où l’attrait du soft power sportif côtoie la réalité des crises sécuritaires, dessinant un agenda diplomatique contrasté mais interdépendant.
Sécurité à l’est de la RDC : l’autre actualité
Le Conseil de sécurité a prorogé la MONUSCO dans un climat d’escalade entre forces congolaises et rébellion AFC/M23, appuyée par Kigali selon Kinshasa (Actualite.cd). Plus de vingt années d’opérations n’ont pas éteint l’incendie : près de six millions de déplacés internes et une aggravation de la crise humanitaire sont recensés (OCHA, décembre 2023).
Le quotidien burkinabè Le Pays questionne l’utilité d’un mandat devenu routinier. Les éditorialistes soulignent que seuls des termes robustes, à l’image du mandat offensif de 2013, avaient permis de repousser l’insurrection à l’époque. Aujourd’hui, la mission reste perçue comme un tampon minimal, loin d’une force de stabilisation décisive.
Le royaume chérifien joue la carte du soft power
Tandis que la RDC cherche la paix, le Maroc capitalise sur le ballon rond. Pour L’Opinion, le pays s’est imposé comme « label d’excellence » du football continental après un parcours historique au Mondial 2022. Accueillir la CAN devient la suite logique d’une stratégie d’influence diplomatique et économique.
Le360 et H24 Info décrivent une ferveur déjà palpable : stades rénovés, fan-zones urbaines et réseaux de transport modernisés convergent vers l’objectif de fluidité. À Rabat, Casablanca et Marrakech, la signalétique bilingue et les dispositifs d’accueil visent un public africain, européen et moyen-oriental, reflet d’un positionnement géopolitique pluriel.
Des infrastructures calibrées pour la vitrine continentale
Le chantier a démarré dès 2021 : agrandissement des aéroports de Nador et Tanger, modernisation des corridors autoroutiers, extension du réseau LGV vers Marrakech. Les chantiers sportifs incluent la rénovation du mythique stade Mohammed-V et la construction d’arènes régionales multipurpose, pensées pour la culture et les congrès (L’Économiste).
Ces investissements ne s’arrêtent pas aux enceintes : l’hôtellerie haut de gamme progresse de 18 % en capacité, favorisant l’organisation de forums d’affaires en marge de la compétition. Rabat entend relier le rayonnement footballistique à la diplomatie économique, dans la lignée des initiatives Africa Investment Forum et Atlantic Gas Pipeline.
Sécurité high-tech et débats sociétaux
La CAN 2025 servira aussi de test grandeur nature à l’arsenal technologique déployé par le ministère de l’Intérieur. Caméras dotées d’intelligence artificielle, drones de surveillance et commissariats intégrés dans les stades composent un dispositif inspiré des standards qataris observés durant le Mondial 2022 (Le Monde Afrique).
Des ONG locales redoutent cependant une surveillance intrusive, quelques semaines après la mobilisation du mouvement Gen Z 212 demandant davantage d’inclusion sociale. Les autorités répondent que la sûreté des supporters étrangers et nationaux est incontournable pour préserver « l’exception marocaine » en Afrique du Nord.
La CAN, répétition générale avant le Mondial 2030
Co-organisateur avec l’Espagne et le Portugal du Mondial 2030, le royaume considère la CAN comme un prélude stratégique. Selon H24 Info, la Fédération royale marocaine de football vise une « copie parfaite » d’organisation, afin de rassurer la FIFA et les bailleurs institutionnels sur la compatibilité des normes.
Le sélectionneur Walid Regragui a résumé la pression nationale : « Remporter la CAN n’est pas un choix, c’est une obligation » (L’Opinion). Au-delà du trophée, le succès opérationnel constituera une vitrine politique, susceptible de renforcer le lobbying de Rabat au sein de l’Union africaine et de la Banque africaine de développement.
Scénarios d’influence continentale
Premier scénario : un tournoi sans accroc consolide la marque Maroc, dynamisant ses corridors de commerce avec l’Afrique de l’Ouest et attirant des IDE nouveaux, notamment dans les secteurs aéronautique et des énergies renouvelables.
Deuxième scénario : un événement terni par des incidents sécuritaires, ou des contestations sociales, pourrait tempérer l’élan diplomatique. Les observateurs rappellent que l’Afrique du Sud, hôte du Mondial 2010, n’avait pas entièrement converti l’essai économique en raison de tensions post-compétition.
Troisième scénario, plus probable selon des analystes de Policy Center for the New South : un succès nuancé, combinant gains d’image régionale et défis budgétaires internes. Le soft power s’établirait alors sur le long terme, à travers la formation sportive et les accords universitaires que le Maroc multiplie depuis 2014.
Entre sport et géopolitique, un jeu à plusieurs niveaux
La juxtaposition des décisions onusiennes sur la RDC et de l’effervescence marocaine rappelle que la géopolitique africaine se joue autant sur les terrains de football que dans les couloirs diplomatiques de New York.
Alors que Brazzaville poursuit ses propres initiatives régionales au sein de la CEMAC et du COP 15 sur les forêts du Bassin du Congo, la réussite de la CAN 2025 offrira des leçons sur l’articulation entre sécurité, développement et narration continentale. Dans cette équation, l’Afrique affine un modèle de puissance à visage sportif et résilient.

