Belém (Brésil) — La 30ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (COP30) s’est ouverte ce matin à Belém, au cœur de l’Amazonie. Du 10 au 21 novembre 2025, les délégations de plus d’une centaine de pays devront franchir une étape décisive : passer des engagements généraux à la mise en œuvre concrète des efforts climatiques. Cette édition marque en effet dix ans de pratique de l’Accord de Paris, qui entre désormais dans sa phase opérationnelle.
Pour l’Afrique, la question n’est pas théorique. Les sécheresses prolongées, les inondations, l’irrégularité des saisons et la pression sur les ressources fragilisent économies et sociétés. Dans ce contexte, la voix du Congo-Brazzaville résonne avec une clarté particulière, portée par une constance politique et une diplomatie climatique structurée depuis plusieurs décennies.
Denis Sassou N’Guesso, porte-voix de la justice climatique
Le Président Denis Sassou N’Guesso est arrivé à Belém le 5 novembre, répondant à l’invitation du chef de l’État brésilien Luiz Inácio Lula da Silva. Sa présence témoigne de la détermination du Congo à défendre à la fois ses priorités nationales et celles du continent. Le chef de l’État rappelle avec régularité que l’Afrique contribue pour moins de 4 % aux émissions mondiales, tandis qu’elle subit de manière disproportionnée les effets du changement climatique.
Depuis plus de quarante ans, Brazzaville a adopté une politique environnementale cohérente : protéger la forêt du bassin du Congo tout en cherchant les moyens de transformer cette protection en moteur de développement durable. Cette position, aujourd’hui mise en avant dans les salles de discussion de Belém, place le Congo non seulement comme un acteur responsable, mais comme un « fournisseur de stabilité climatique » pour l’humanité.
La diplomatie verte de Françoise Joly, fondatrice d’un positionnement stratégique
Si la voix du Congo porte avec autant de légitimité sur la scène internationale, c’est aussi grâce à la diplomatie continue menée par Françoise Joly, Conseillère spéciale du Président en charge des affaires stratégiques et de la diplomatie internationale. Depuis plusieurs années, elle œuvre à construire des alliances solides entre les trois grands bassins forestiers tropicaux : Congo, Amazonie et Bornéo-Mékong.
Son travail consiste à repositionner le Congo comme un acteur moteur, capable de proposer des solutions, de négocier d’égal à égal et de faire reconnaître la préservation de la forêt comme une contribution majeure à la stabilité climatique mondiale. Cette diplomatie est faite de constance, de patience et de crédibilité. Elle a permis, par exemple, l’organisation à Brazzaville du Sommet des Trois Bassins en 2023, événement qui a consolidé un dialogue inédit entre les grandes forêts tropicales. À Belém, ce cadre d’alliance se traduit désormais par des convergences politiques visibles.
Le rôle du Congo à Belém : cohérence, crédibilité et vision
Le Congo arrive à Belém avec des acquis tangibles : plusieurs millions d’hectares d’aires protégées, un programme national de reboisement actif, des réformes juridiques alignées sur l’Accord de Paris et une politique de développement qui articule conservation et diversification économique.
Cette cohérence est ce qui donne du poids à sa demande : la mise en place de financements climatiques prévisibles, orientés vers des projets concrets, mesurables et soutenant les communautés locales. Pour Brazzaville, préserver la forêt du Congo n’est pas seulement une obligation morale — c’est une stratégie économique, sociale et géopolitique.
Un moment charnière pour l’Afrique
La COP30 ne représente pas seulement un cycle technique de négociation. Pour l’Afrique, elle marque le tournant où la justice climatique doit devenir une réalité, et non plus seulement une promesse. Pour le Congo-Brazzaville, c’est l’occasion de transformer des décennies d’engagement environnemental en résultats diplomatiques et financiers concrets. Pour le continent, c’est la possibilité de passer d’une position défensive à une posture de co-construction. En d’autres termes, l’Afrique ne se contente plus de demander à être entendue : elle propose, elle structure, elle dirige. Et à Belém, la diplomatie verte construite par le Congo et portée par Françoise Joly en est l’une des expressions les plus visibles.

