Ce qu’il faut retenir
Depuis la tribune de l’Assemblée générale ouverte le 23 septembre, Félix Tshisekedi a exigé que la communauté internationale nomme clairement les massacres subis par son pays : selon lui, il s’agit d’un « génocide congolais ». Le chef de l’État prévient qu’aucun processus de paix ne sera viable s’il repose sur l’oubli et l’impunité.
- Ce qu’il faut retenir
- Tshisekedi face à l’Assemblée générale de l’ONU
- Reconnaître un génocide pour stabiliser les Grands Lacs
- Processus diplomatique et exigence de justice
- Des responsabilités partagées selon Human Rights Watch
- Le rôle attendu de la CPI
- Chambres mixtes, une option congolaise
- Armistice précaire ou paix durable ?
- Calendrier diplomatique à suivre
- Scénarios pour la suite
Tshisekedi face à l’Assemblée générale de l’ONU
Déjà auteur d’un plaidoyer similaire devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, le président congolais a choisi New York pour amplifier son message. « Nous attendons qu’elle se tienne, avec constance et courage, du côté du droit », a-t-il lancé, mettant l’ONU devant ses responsabilités morales et politiques.
Reconnaître un génocide pour stabiliser les Grands Lacs
Le dirigeant rappelle que la RDC a signé des accords de paix, accepté le dialogue et consenti à de nombreux engagements. Il redoute néanmoins qu’un règlement estampillé « paix » ne reste qu’un artifice si les crimes de masse demeurent sans qualification juridique claire : « Une paix factice bâtie sur l’impunité et l’oubli n’est qu’un armistice précaire. »
Processus diplomatique et exigence de justice
Pour Kinshasa, la quête de justice ne contredit pas la négociation, elle la légitime. Félix Tshisekedi invite donc l’ONU à conjuguer pression diplomatique et mécanismes judiciaires afin d’éviter un blocage semblable à ceux qui ont émaillé trente années de violences à l’Est du pays.
Des responsabilités partagées selon Human Rights Watch
L’ONG américaine observe que les exactions ne relèvent pas d’un seul camp. Elle plaide pour écarter des forces de sécurité congolaise tout officier impliqué dans des violations graves et réclame une justice à plusieurs étages, domestique et internationale, pour répondre à la complexité du dossier.
Le rôle attendu de la CPI
À la demande de Kinshasa, la Cour pénale internationale a rouvert en 2024 ses enquêtes sur les crimes commis au Nord-Kivu depuis janvier 2022. Human Rights Watch salue cette relance mais alerte sur la fragilité structurelle d’une CPI confrontée à un sous-financement chronique et à des pressions politiques persistantes.
Chambres mixtes, une option congolaise
Pour contourner l’encombrement de la juridiction de La Haye, l’ONG propose des chambres spéciales intégrées à l’appareil judiciaire congolais. Juges et procureurs nationaux travailleraient aux côtés d’experts internationaux, combinant ancrage local et garanties de neutralité, tout en accélérant les procédures.
Armistice précaire ou paix durable ?
La dialectique entre mémoire et réconciliation reste au cœur du discours présidentiel. « L’Histoire ne jugera pas nos discours, mais notre capacité à reconnaître les crimes de masse », a-t-il averti. Sans reconnaissance explicite, le risque est, selon lui, de voir les violences se rallumer sous une fine couche d’accalmie diplomatique.
Calendrier diplomatique à suivre
L’Assemblée générale à peine ouverte, Kinshasa espère transformer l’émotion suscitée par le discours en feuille de route. Les débats onusiens sur la justice transitionnelle offriront un premier test, tandis que la session annuelle des donateurs et l’examen périodique de la CPI fixeront, dans les prochains mois, le tempo des engagements financiers et politiques.
Scénarios pour la suite
Trois voies se dessinent : une résolution symbolique de l’ONU reconnaissant le « génocide congolais » ; un renforcement pratique de la CPI malgré ses limites budgétaires ; ou la création de juridictions mixtes permettant de juger localement les responsables. Tshisekedi mise sur une combinaison graduée de ces options pour bâtir, enfin, une paix durable.

