Ce qu’il faut retenir
Six Casques bleus bangladais déployés au sein de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FINUA) ont été tués le 13 décembre dans une frappe de drone à Kadougli, capitale du Sud-Kordofan actuellement assiégée par les Forces de soutien rapide. L’ONU qualifie l’attaque d’« horrible » et rappelle qu’elle pourrait constituer un crime de guerre.
Une attaque de drone ciblée à Kadougli
La base logistique de la FINUA, située au centre de Kadougli, a été directement touchée selon le siège de l’ONU. L’engin explosif a également blessé six soldats, dont quatre grièvement. L’opération survient alors que la ville, carrefour entre zones sous contrôle gouvernemental et Darfour occidental, subit un siège continu des paramilitaires depuis dix-huit mois.
Réactions de l’ONU et du Bangladesh
Le secrétaire général Antonio Guterres a condamné une attaque « injustifiable » et martelé l’obligation, en droit international, de protéger le personnel onusien. À Dacca, le ministère des Affaires étrangères a appelé l’ONU à assurer le meilleur traitement possible aux blessés, tout en saluant l’engagement de ses troupes dans la paix au Soudan et ailleurs.
Les forces en présence dans le conflit soudanais
Khartoum, dirigé par le général Abdel Fattah Al-Burhan, accuse les Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », d’être derrière le drone. Les FSR rejettent ces « accusations infondées » et rappellent avoir déjà nié toute exaction présumée lors de la prise d’El-Fasher fin octobre. Chacune des parties dénonce une « escalade » portée par l’autre.
Kadougli, verrou stratégique du Kordofan
Le Sud-Kordofan relie le nord et l’est contrôlés par l’armée au Darfour passé sous la coupe des FSR. Kadougli concentre dépôts logistiques et axes routiers vers Abyei, disputé entre Soudan et Soudan du Sud. Début novembre, l’ONU y a déclaré un état de famine, soulignant la combinaison explosive siège militaire et crise humanitaire.
Risques juridiques et humanitaires pour les parties
En rappelant que s’en prendre aux Casques bleus peut relever de la Cour pénale internationale, l’ONU augmente la pression sur les belligérants. Sur le terrain, les travailleurs humanitaires peinent à accéder aux populations, tandis que l’usage de drones accentue la létalité des hostilités et complexifie la distinction entre cibles civiles, militaires et onusiennes.
Scénarios d’évolution et rôle des médiations africaines
Le Conseil de souveraineté évoque un « tournant dangereux » susceptible d’ouvrir la voie à une riposte plus vigoureuse de l’armée, au risque d’un engrenage. De leur côté, les FSR misent sur l’usure et la capture d’autres capitales régionales. Les médiations de l’IGAD, de l’Union africaine et du voisin sud-soudanais pourraient gagner en pertinence si elles obtiennent, fût-ce localement, des corridors humanitaires.

